Stéphane Audoin-Rouzeau est peu au fait de ces débats. Il mentionne les dictionnaires du corps de Michela Marzano et Bernard Andrieu mais les ressources que ceux-ci pourraient offrir afin d’aller au-delà des notions de techniques du corps ou d’objets comme prolongements de ce dernier restent peu exploitées. L’anthropologie du combat reste à faire.13 C’est un historien particulièrement inventif et courageux qui l’a fait. Il faut saluer son exploit pionnier. Il ne nous reste plus qu’à sortir de nos tranchées, à fraterniser avec lui et à lui offrir les maigres biscuits anthropologiques serrés dans nos gibernes.15 Jean-Pierre WarnierChristian Delécraz & Laurie Durussel, eds, Scénario catastrophe, Gollion, Infolio/Genève, Musée d’ethnographie, 2007, 345 p. lacoste femme pas cher
, bibl. (xA0;TabouxA0; 4)16 Comment les hommes interprètent- ils les catastrophes en fonction de leur conception du mondexA0;? Comment s’en protègent-ils ou s’en relèvent-ilsxA0;? Ces questions sont au c?ur du projet Scénario catastrophe, à la fois titre d’un ouvrage collectif et d’une exposition organisée par le Musée d’ethnographie de Genève, de mars 2007 à janvier 2008. Ce livre, qui rassemble quinze articles et une très belle introduction de Christian Delécraz, Laurie Durussel et Alessia Fondrini, tente donc un exercice complexexA0;: donner à saisir la xA0;catastrophexA0;, selon des approches aussi diverses que celles proposées par l’anthropologie, l’histoire, la philosophie, la littérature, le cinéma, ou encore la muséographie. Il donne également la parole à des xA0;acteurs de terrainxA0;, militants associatifs ou acteurs – critiques – du monde de l’humanitaire.17 Ce parti pris, qui permet d’entrevoir la richesse de ces objets, présente néanmoins une faillexA0;: au lieu d’être saisie, xA0;la catastrophexA0; semble parfois nous échapper, nous laissant un peu perplexe au terme de la lecture de l’ouvrage, tant les formes qu’elle y prend sont diverses (catastrophes naturelles, épidémie de sida, attentats terroristes, guerre…). Mais ce principal reproche étant fait, l’on ne peut que se féliciter de l’arrivée de ce volume dans les rayons xA0;ethnologiexA0; de nos librairies, dans la mesure où l’objet catastrophe est trop rarement abordé par la discipline, dans le champs francophone en particulier. Dès lors, le premier mérite du livre de Delécraz et Durussel est de nous proposer, à la fois dans l’introduction et la première partie, un aper?u du spectre possible des recherches sur ce type d’objets pour l’anthropologie. lacoste pas cher 18 D’emblée l’introduction nous renseigne sur la position des auteurs. La catastrophe n’a pas d’existence propre – soulignent-ils – et xA0;sa définition la ramène invariablement à l’homme qu’elle déstabilisexA0;. xA0;C’est parce que l’homme regarde les événements qu’ils existentxA0; (p. 13). Le point de vue qu’ils proposent permet alors un regard résolument déplacé par rapport aux travaux qui abordent ces objets par le biais des xA0;facteurs de vulnérabilitéxA0; qui rendent les catastrophes destructrices ou par l’analyse de la gestion de l’urgence. Les auteurs se penchent ici sur les processus qui accompagnent les catastrophes, pour leur répondre, leur donner du sens ou les commémorer. De même, en pla?ant résolument sur le même plan les réponses spirituelles et les réponses scientifiques, ils prennent une certaine distance avec les nombreux travaux qui mettent l’accent sur les xA0;croyancesxA0; ou les xA0;biais de perceptionsxA0; qui seraient l’apanage des xA0;populationsxA0; locales, victimes des catastrophes. burberry homme pas cher
Perspectives qui ne sont d’ailleurs pas totalement absentes du reste de l’ouvrage, puisqu’on les retrouvera ?a et là au détour des articles. L’intérêt de cette introduction est donc sans aucun doute d’ouvrir autant de pistes de recherches pour les ethnologues qui s’intéressent à ce qui se passe dans le sillage des catastrophes, en insistant sur la fa?on dont les sociétés touchées réparent xA0;les liens rompusxA0; par les catastrophes.19 Cette introduction stimulante ouvre sur une première partie dominée par des réflexions à la fois anthropologiques et philosophiques dont l’intérêt principal réside dans le fait qu’elles permettent de balayer un large spectre des approches théoriques possibles de la catastrophe en anthropologie. Certains, comme Monder Kilani, se fondent sur des exemples classiques, puisant chez Evans-Pritchard des récits sur la gestion par les Nuers de la perte du bétail, ou chez Virginia Garcia Acosta, des données sur les relations entre les Zoques du Mexique et le volcan Chichonal sur lequel ils habitent. D’autres, comme Andréa Boscoboinik insistent sur une littérature plus xA0;opérationnellexA0;, centrée sur les différents facteurs qui accroissent la vulnérabilité des sociétés confrontées à des aléas naturels, tel que l’ouvrage – central dans cette perspective – de Piers Blaikie[2] [2] Cf. Piers Blaikie et al. , At Risk.